Arnaud Pessey

Lien en cage, je me nourris de LOL
et m'agite sur le worldwideweb.

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  1. Bitstrips et selfies : est-ce que le narcissisme gouverne le web social ?

    Le gros de la vague Bitstrips est passé mais la houle des comics prémâchés se prépare à déferler sur les timelines Facebook. Mise en scène, monstration, jeu avec le moi : a priori, l’application cumulerait tous les ingrédients pour figurer en bonne place sur l’échelle du narcissisme virtuel, développé par un usage de plus en plus massif des réseaux sociaux. Cela dit, l’histoire de Bitstrips est plus complexe. Partie d’un échec relatif, l’application pourrait s’inscrire dans le renouveau d’une pratique qui n’a pas attendu internet pour exister : celle du jeu derrière le masque de l’avatar, pour transfigurer le moi public. 

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    Article publié sur RAGEMAG -ici- le 21 janvier 2014

    Sortie en 2008 mais disponible sous la forme d’une application depuis le 21 octobre, Bitstrips permet de créer un personnage de bande dessinée qui ressemble à l’utilisateur. Il est possible de connecter son compte à Facebook afin de se mettre en scène avec ses amis dans des situations du quotidien. Au travail, à la maison, dans la rue : grâce à elle, tous les instants de la vie peuvent être partagés en une image et comme le rappellerait à juste titre le vieil adage « une image vaut mille mots ». Depuis plusieurs semaines, l’application est numéro un des téléchargements sur l’Apple Store. Aujourd’hui, elle compte déjà 40 millions d’utilisateurs partout dans le monde : bien assez pour motiver les financiers de Horizons Ventures, qui ont dégagé près de 3 millions de dollars afin de développer ce service pour l’instant uniquement disponible en langue anglaise.

    Bitstrips : l’irritant pétard mouillé

    Pourtant, ses débuts n’ont pas été si tonitruants, l’application ayant été victime de sa popularité. Outre des problèmes techniques liés à la soudaine affluence dans son service (provoquant d’importants ralentissements), l’enthousiasme de ses utilisateurs a mené à une surabondance de publications générées par Bitstrips, irritant un bon nombre d’usagers des réseaux sociaux. Bitstrips reconnaît d’ailleurs que c’est un problème : depuis le mois dernier, l’application permet à ses utilisateurs de partager leurs créations par SMS, courriel, ou à l’intérieur même de la communauté.

    Voilà qui devrait faire l’affaire un temps, mais le géant de Menlo Park ne risque pas de lâcher son bout de viande comme cela. Bien que le service soit gratuit pour l’instant, le PDG de Bitstrips, Jacob Blackstock, entrevoit la possibilité juteuse d’inclure des boutiques à l’intérieur de son application (par exemple l’achat de vêtements, de costumes, ou d’accessoires pour son avatar) : une sorte de Sim’sWaugmenté et social. Il imagine également permettre aux utilisateurs de se mettre en scène au cinéma ou dans une série télé, en partageant la vedette avec leurs acteurs préférés, une étrange idée du futur.

    En attendant que l’application évolue, on observe des usages innovants faire leur apparition : Bitstrips est notamment utilisé dans les écoles, et s’est fait plus particulièrement connaître quand elle s’est associée avec une campagne contre la violence. Mais c’est finalement dans la veine du selfie et de la mise en scène de soi-même que l’outil a trouvé sa vraie place, car c’est son propre avatar que l’on met en action, tout en auto-dérision, ou pour raconter un moment différemment qu’avec un filtre Instagram.

    « L’avatar MSN va fêter ses quinze ans malgré l’arrêt du service, et l’on pourrait supposer alors que nous sommes tout simplement, avec Bitstrips, en présence de l’avatar du futur. »

    Ce phénomène se présente alors comme une énième mise en scène de soi qui répond à plusieurs facteurs favorisant sa diffusion. Intéressons-nous un instant à la genèse de cette extension de Facebook.

    L’entreprise éditrice de Bitstrips éditait des outils pédagogiques pour les écoles américaines et a explosé depuis qu’elle a été repérée par le réseau social de Mark Zuckerberg qui a eu l’idée d’en faire une application sociale. Ils ont vite compris que cela rentrait dans les cases de leur principe de base : se mettre en scène de la meilleure des manières. L’avatar MSN va fêter ses quinze ans malgré l’arrêt du service, et l’on pourrait supposer alors que nous sommes tout simplement, avec Bitstrips, en présence de l’avatar du futur. Il était fait autrefois de contraintes très fortes où l’on devait se limiter à des lettres : aujourd’hui, l’avatar ressemble plus à une capture écran d’un jeu. D’abord présenté en 2008 au salon South by Southwest, qui réunit chaque année aux États-Unis la crème des nouvelles technologies, Bitstrips n’a pourtant réellement explosé qu’en septembre dernier avant de vite s’écrouler.

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  2. Visite d’atelier Bleu de Chauffe

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    Article publié sur Redingote -ici- le 2 septembre 2013

    On se souvient tous du pataquès créé par la couverture du Parisien, présentant le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg. Depuis ce jour, le made in France a fait son chemin.

    Cette expression est devenue à la limite écoeurante à force de la voir se dandiner sur les lèvres de communicants mais elle prend pourtant son essence dans une vocation politique profonde. Si vous êtes de ces néophytes en authenticité, il est alors grand temps pour vous de découvrir Bleu de Chauffe. Cette belle marque est créée en 2011 par Thierry Batteux et Alexandre Rousseau.

    Le premier vient du secteur de la mode urbaine et sportive pour lequel il a travaillé près de 10 ans, tandis que le second, Alexandre, est designer de formation, spécialiste en bagagerie et a travaillé pour différents projets dans le luxe et la mode, notamment pour Lancel. Unis par l’amour du workwear, ils décident de s’associer pour lancer leur marque.
    Pour la petite histoire : le bleu de chauffe est la veste bleue que portaient les conducteurs de locomotives à vapeur pour chauffer l’eau et faire monter la pression. Par extension, c’est devenu la veste de travail de l’ouvrier français.
    Aujourd’hui, mon grand père enfile son bleu quand il va travailler dans son atelier et mon oncle, plombier, quand il est à ses œuvres. Ancré dans cet univers par ce nom, Thierry et Alexandre commencent par proposer un sac d’usage, solide et fonctionnel. Le premier né s’appellera Jules. Depuis, ils ont su proposer avec habileté, jouant entre modernité et tradition, des housses pour tablettes ou ordinateurs , des ceintures et autres porte clés. Des produits répondant à des besoins modernes conservant des valeurs traditionnelles.
    Jeune marque, on espère la voir s’ouvrir vers de nouveaux horizons tout en gardant un ancrage dans la bagagerie. Il y a une carte à jouer, vu l’intérêt croissant pour le workwear dans la mode pour homme. Les jolis sacs Made in Aveyron ne cessent de s’exporter et cela de manière exponentielle. Après l’Europe, c’est l’Asie qui s’affole.
    On sait que le duo va continuer à valoriser et préserver ce savoir faire de proximité, et c’est d’ailleurs mon amour pour celui-ci qui m’a amené à rendre visite aux ateliers Bleu de Chauffe. Tranquillement installé aux abords du Larzac, près de Millau, c’est un sous-traitant que je rencontre, mais au vu des piles de sacs griffés au nom de la marque, je me rends bien compte de son essor et de la place qu’elle prend dans cet atelier. Les artisans compagnons fraîchement diplômés croisent les plus expérimentés, l’ambiance y est agréable et chaleureuse.
    Ça respire le cuir et la chaleur humaine. Le temps y est apaisé et ce petit atelier me projette dans un monde que j’ai cru révolu. C’est à croire que le Larzac a ça en lui. Un autre temps, une alternative s’organise ici.
    Faisant un pied de nez à la grande consommation, ces produits prendront de la valeur avec l’âge. Fait de beaux matériaux dont les heureux détenteurs auront le plaisir d’observer le vieillissement progressif, ces sacs gagnent à vivre leur histoire.

    Estampillés du nom des artisans les ayant façonnés et de leurs dates de réalisation, ils naissent mais ne mourront pas. Une des ouvrières me montre son sac : « Il est bien usé celui-là, il est devenu vraiment sublime. Ce cuir est une merveille, il gagne en souplesse et la couleur devient moins terne. » La marque a opté pour un matériau 100% naturel : le cuir traité tanné végétal. C’est un des rares cuirs à ne pas être assoupli ni teint lors du tannage, ce qui lui permet de conserver un rendu naturel après la sortie de production.
    L’achat d’un de ces sacs est un investissement affectif et conscient, tout l’inverse de la tendance générale de surconsommation. Une belle promenade sans appareil photo ne vaut pas grand chose, c’est pourquoi je suis revenu avec quelques photos de l’atelier, parfois suggérées et mystérieuses, elles entretiennent les valeurs de la marque qui sont d’après Alexandre : « le travail, la fabrication française et artisanale, la qualité, le travail manuel, les matières, le cuir végétal et l’authenticité… »

    Les machines sont de beaux colosses, du genre balèzes et efficaces, elles semblent increvables. De l’alliage entre le travail de ces grosses machines et des petites mains à la finition en résulte des produits en matière brut et robuste aux traits fins. On avance dans l’atelier au rythme de la confection du produit, d’abord la pièce où l’on découpe le cuir, on se croirait dans un ranch et ça sent bon la peau de bête. Toutes les peaux y sont déposées et une énorme machine vient découper ce cuir.
    On traverse ensuite un petit couloir, les murs sont des étagères remplies de boutons, clous ou sangles qui habillent le mur du sol au plafond. Et tout à coup, le coeur de l’action : l’atelier.
    Des tables de coupes, des plans de travail, des établis, ça fourmille avec rigueur sans se bousculer, ici on travaille. Je vois une ouvrière, du genre bonne mère de famille qui s’attèle à la couture, elle maîtrise sa machine les yeux fermés alternant jeux de pieds et jeux de mains. Tandis qu’une jeune ouvrière étale des découpes de cuirs et trace les contours du futur sac, le cuir valse entre toutes ces petites mains et prend doucement forme sans que je n’y comprenne grand chose.

    Je vois la magie s’opérer sous mes yeux. Petit à petit, je vois un objet du quotidien émerger, les tâches semblent décloisonnées, la cadence est régulière mais pas de stress dans l’atelier. On sait que c’est le savoir-faire qui prime et il prendra le temps qu’il faut, monsieur, me dit-on.

     
  3. Ce que peut nous apprendre le bidouillage indien : le Jugaad

    Article publié sur la Revue Rayon Frais -ici- le 25 juin 2013 image

    C’est il y a déjà deux mois que j’ai eu le privilège d’assister à la conférence de presse présentant le dernier ouvrage de Navi Radjou : “L’innovation Jugaad, redevenons ingénieux”. Il aura fallu un long trajet en train pour que je prenne enfin le temps de dévorer ce livre que j’avais partiellement découvert entre les murs de la prestigieuse école des mines, à Paris. Français d’origine indienne, Navi Radjou est consultant en innovation et leadership basé dans la Silicon Valley et membre du World Economic Forum. Il a co-écrit le livre avec Jaideep Prabhu, professeur titulaire de la chaire Jawaharlal Nehru en business et management indien et directeur du Centre for India & Global business à la Judge Business School de l’université de Cambridge. Ainsi que Simone Ahuja, elle a crée Blood Orange, cabinet de conseil en marketing et en stratégie basé à Minneapolis et à Mumbai et spécialisé en innovation dans les pays émergents.

    D’abord publié en 2012 aux Etats-Unis et reçu comme un ouvrage de référence sur ce sujet, il est paru en librairie française le 12 avril 2013. Ce livre analyse à travers de nombreux exemples comment les pays émergents parviennent à mettre en place des modèles d’innovations, déroutants de simplicité, pour nos entreprises occidentales. Jugaad est un mot hindi populaire qui signifie “savoir se débrouiller”. Concept qui recoupe notre “système D” ou le “Do it yourself” américain. Pourtant, c’est bien des indiens, chinois ou brésiliens, de ces pays en effervescence, que nous allons apprendre. Dans ce livre, la question principale est : comment faire plus avec moins ? En d’autre terme : comment retrouver la croissance alors que les ressources diminuent ? Voilà une question qui taraude plus d’un dirigeant de société. Le premier qui parviendra à résoudre cette équation devrait pouvoir se mettre à l’abri pour très longtemps. Navi Radjou y répond partiellement et n’a pas la prétention d’apporter une solution absolu, néanmoins, il a observé que les indiens ont appris à développer des solutions frugales, économes et surtout flexibles. Le cadre socio-économique oblige les indiens à se réinventer et à s’adapter à chaque changement et c’est cette capacité d’improvisation qui fait défaut aux occidentaux. Cloîtrés entre plusieurs cadres découlant du taylorisme, l’occident doit apprendre à penser au delà des modèles classiques comme le “Kaisen” ou le “Six Sigma”. Dans son allocution de présentation, qui a eu lieu à la prestigieuse “Ecole des mines de Paris”, Navi Radjou précise que ces modèles auront toujours leur utilité mais il faut maintenant apprendre à sortir de ces cadres en pensant “frugale”. Penser frugale en 6 principes :

    1. Rechercher les opportunités dans l’adversité
    2. Faire plus avec moins
    3. Penser et agir de manière flexible
    4. Viser la simplicité
    5. Intégrer les exclus et les marges sociales
    6. Suivre son coeur ou son intuition

    Et puisqu’on aime les listes, voici les autres facteurs propices au “jugaad” :

    • La rareté en terme de ressource, infrastructure, service etc..
    • La liberté
    • La diversité
    • L’interconnectivité

    Prenons l’exemple du vélo de Kanas Das qui est particulièrement exemplaire. Kanas est un habitant du nord de l’Assam, il se rend à son travail à vélo et son trajet et parsemé de nids de poule. Là où ça devient passionnant, c’est qu’il a trouvé le moyen d’en faire un atout. Il a imaginé un convertisseur transformant l’énergie de l’amortisseur, comprimé par les trous de la route, en énergie transmise à la roue arrière. Il a installé le tout sur son vélo et voilà que le chaos devient source d’énergie pour Kanas. Ce qui nous ferait défaut c’est la rigidité de nos modèles, leurs couts et leur élitisme. Et finalement, notre goût prononcé pour la nouveauté, on aime l’odeur du neuf et quand un produit ou système ne marche plus, on pense que la meilleure chose à faire est de le remplacer. Alors que l’indien, va optimiser les moyens dont il dispose pour pallier ce manque à gagner. Selon Navi Radjou, « les sociétés occidentales, en particulier les entreprises, ont longtemps fonctionné avec leur cerveau gauche (analytique et réductionniste) mais elles apprennent maintenant à également tirer profit de leur cerveau droit (intuitif et associatif) ». Il est temps de suivre l’intuition et de croire en ceux qui le méritent, vivons nous une crise ou un simple changement de paradigme ? Notre matelas intellectuelle ne cesse de se dégonfler et il est temps de se lever et d’innover. Le “Jugaad” nous apprend que les entreprises occidentales doivent s’émanciper de ce marasme ambiant et comme l’a si bien dit Gilles Babinet, “un bébé tombe 10 000 fois avant de savoir marcher” alors quitte à tituber au début, essayons de changer.

     
  4. Google #Zeitgeist2013, comme si vous y étiez.

     
  5. Chronique : La Passion, Para One

    Je fais le tour d’internet et je lis tous les tops 2012 avec une curiosité malsaine, en fait, j’en ai rien à carrer des tops qui parlent du passé. Moi ce qui m’interesse, c’est le futur. Mais parlant de futur, quand je lis vos fameux tops, je n’en vois aucuns qui parlent du meilleur album de l’année 2012 : celui qui rend réel ce rêve pop des années passées. C’est pour ça que je check tous les tops. Je cherche à me prouver qu’internet, ce repère du bon goût, n’a pas que du caca dans les oreilles. Le constat est douloureux mais si, vous êtes des nases. Personne n’a eu l’idée de parler de l’album de Para One, le meilleur album de la décennie (subjectivité : on) aurait mérité une petite reconnaissance. Bande d’ingrats, bande de Christophe Conte. Vous puez grave.

    Du coup, je me sens responsable, ouais, j’ai envie de l’écrire ce top 2012. Je vends mon âme de blogueur pour Para One. Fierté nationale, ma fierté.

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    Article publié sur We Are The Mascotte à lire -ici- le 14 janvier 2013

    Le virtuose nous a pondu une œuvre hors du temps avec son deuxième album en solo après « Epiphanie » sorti en 2006.

    So lezgo, revenons sur ce que j’apellerais sobrement « l’album de 2012 #1 »

    Ancien élève de la Fémis ou l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son, Jean-Baptiste de Laubier de son vrai nom distille des ambiances, suggère des émotions et narre des histoires par le son depuis des années. Mais cet ultime album atteint le paroxysme de son art. Très cinématographique, chaque titre qui le composent nous plongent dans des profondeurs abyssales, même si quelques tubes comme « when the night » ou « every little thing » font exceptions.

    Tiens « Sigmund », ici, le kick dérape, la démarche est vive, tonitruante et la mélodie inquiétante. Il se trame un mauvais coup dans des rues sombres, là où la lumière rouge du Motel transperce une fumée épaisse. La nuit urbaine est courte et intense, passionnelle. Le morceau est très sombre mais juste après, comme un long travelling traversant les murs à la Wes Anderson, on se retrouve dans la rue parallèle et là, tout à coup, ben c’est beaucoup plus fun. « Love ave » me réjouis avec ses accents hip hop et son rythme tranquille. Para One mélange les genres avec une aisance inouïe tout en restant fidèle à une ligne directrice évidente : le mec veut nous promener. Il nous balade entre les genres, les époques, s’autorisant même une petite session old school en deuxième partie de l’interlude « Vibrations Followed by Poisoned Apples ». Près d’une minute 30 de bonheur, avant de repartir sur des sons futuristes et véhicules d’émotions que seul le cinéma saurait nous transmettre.

    Cet album est la meilleure BO de 2012, y’a pas à broncher et la prise de risque est à saluer. Sortir un album de musique électronique à cette époque c’est très courageux. Après que le label « Institubes » se soit éteint en 2010 emportant avec lui l’age d’or de la « french touch 2.0 », Para One et ses compères,Surkin et Bobmo, ont fait les irréductibles et ont lancés le label Marble. Sortir des eps au seul format numérique et rapidement, c’était là le but de ce nouveau label. Mais finalement, c’est lui même qui hébergera cette pépite au long format. Depuis, le rythme des sorties sur Marble s’est ralentit et le label Bromance qui naquit quelques mois après adoptera la même stratégie raflant, au passage, les prodiges du Club Cheval qui étaient jusqu’alors sur Marble. J’espere que cet album n’est pas l’œuvre ultime de Para One, comme un dernier souffle musical avant de repartir vers son premier amour : le cinéma. Il s’est justement offert le luxe de réaliser un clip pour un des ces morceaux.

    « Lean on Me » est donc le titre qui a eu le privilège d’inspirer le bien joli clip réalisé par Para One lui même, ça se passe au Japon et c’est Teki Latex qui chante dessus. Que demande le peuple ? La bonne parole du père Latex annonce le cliff hanger de l’album et au final, on ne saura qu’une chose. C’est que toute cette histoire narrée par des machines tant analogiques que numériques tourne autour de l’amour. C’est un album de Passion mais bien sur, pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? Des machines nous parlent donc d’amour, c’est ça la deuxième décennie de l’an 2000. Nous y sommes, ce futur dont nous parle depuis notre enfance le cinéma des années 80-90, c’est maintenant. Nous sommes en train de le vivre, vous savez toutes les méchantes entreprises qui veulent dominer votre pensée ? Elles sont là, elles s’apellent Facebook ou Google et la musique du film que nous sommes en train de vivre est dans vos oreilles et c’est Para One qui est aux manettes. Maintenant, on aimerait bien que le mélomane se lance dans l’écriture du film qui illustrera cet album ou peut être qu’il a eu la finesse de retranscrire une histoire déjà écrite, celle d’une époque qui défile aussi vite qu’une timeline Twitter.